BCSN à Bonvert sinon le désert ?

Publié le par mablysansnucleaire

Le projet de Bouygues Construction Services Nucléaires (BCSN) prévoit une dizaine d’emplois au démarrage, avec un objectif de 50 emplois au bout de 3 ans.

L’abandon de ce projet ne sonnerait donc pas le glas de l’économie dans l’agglomération roannaise.

 

En 2005, à Bonvert déjà, le projet d’un entrepôt logistique classé Seveso a été abandonné suite au vaste mouvement de rejet par la population malgré les 100 emplois qu’il représentait.

L’économie roannaise ne s’est pas effondrée.

 

Il y a 30 ans, à la fermeture de la mine d’uranium de Saint-Priest-la-Prugne, la Cogéma (future Areva) et l’Andra (Agence nationale de gestion des déchets radioactifs) souhaitaient installer un centre de stockage de déchets radioactifs dans les galeries et dans la mine à ciel ouvert avec la promesse de sauvegarder 30 à 50 emplois. Ce projet, jugé dangereux pour l’environnement, s’est heurté à une forte mobilisation pendant plusieurs années. Les opposants regroupés dans le Collectif Bois Noirs furent  accusés de vouloir tuer l’emploi : Saint-Priest-la-Prugne et les villages alentour allaient se vider et les commerces disparaître, ce serait le désert.

Grâce à Jean Auroux qui était ministre, le projet a été abandonné en 1982. La désertification annoncée ne s’est pas produite. Saint-Priest-la-Prugne est une commune qui vit, ses commerces aussi, l’école n’a pas fermé. L’exploitation de la forêt et les scieries se sont développées, les cités de la Cogéma ne sont pas tombées en ruine, elles sont habitées et pimpantes.

La consultation des recensements est intéressante. Le  nombre d’habitants a certes diminué, passant de 717 habitants en 1975 à 515 en 1982 et 465 en 2007. En revanche le nombre de logements a régulièrement  augmenté sur la même période : 280 en 1975, 299 en 1982, et 319 en 2007 (comme partout le nombre de personnes par famille est moins important). Et, signe de vitalité, ce sont les résidences principales qui ont augmenté le plus : de 195 en 1982 elles sont devenues 213 en 2007.

Par contre, les 25 ans d’exploitation de la mine (1955-1980) ont laissé des nuisances pour toujours, et d’autant plus sournoises que la radioactivité est invisible. Stériles miniers pas assez riches en uranium pour la Cogéma mais qui n’auraient pas dû être donnés pour les routes, les chemins, les remblaiements privés, car trop radioactifs. Boues radioactives contenues dans l’ancien bassin de décantation. C’est à Areva que revient la gestion des problèmes posés par cet héritage mais des émissions de télévision ont montré les difficultés rencontrées par le Collectif Bois Noirs et les élus pour obtenir des résultats. 

Quant au stockage de déchets radioactifs dans l’ancienne mine de Asse en Allemagne, exploité de 1967 à 1978 et présenté à l’époque comme la solution exemplaire, sûre à l’échelle des siècles voire des millénaires, il a suffi de quelques années pour que de graves défaillances apparaissent. Son démantèlement est en cours depuis 1995 avec une facture estimée à plus de 2 milliards d’euros.

Par bonheur, à Saint-Priest-la-Prugne les opposants ont réussi à faire abandonner le projet à temps. 

 

En Alsace, pour préserver des emplois lors de la fermeture des mines de potasse, une ancienne mine a été transformée en 1999 en centre de stockage de déchets dangereux non radioactifs (déchets chimiques, amiante, etc.) sous le nom de Stocamine. Les études avaient duré 8 ans, toutes les garanties étaient données pour qu’il n’y ait aucun risque, une enquête publique a été faite.  L’objectif était d’employer 90 personnes dans les cinq ans.

Le non respect de la nature et de la séparation des déchets a provoqué en septembre 2002  l’incendie d’une zone de stockage et l’arrêt définitif de l’exploitation.

Les 44 000 tonnes de déchets dangereux à 500 mètres sous terre menacent maintenant la nappe phréatique d’Alsace, ressource en eau primordiale pour la région.

Stocamine est une catastrophe écologique et économique.

(www.haut-rhin.pref.gouv.fr : Stocamine - Rapport Caffet, juin 2010)

 

 

Pour les investisseurs et les industriels, agir pour l’emploi n’est qu’un prétexte destiné à obtenir des aides financières à l’installation.

Aux élus et à la population d’être vigilants et de savoir dire non.

 

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