Intervention devant le Conseil communautaire du Grand Roanne le 30 mai

Publié le par mablysansnucleaire

Intervention avant l'ouverture du Conseil communautaire de GRA

(lundi 30 mai)

 

Nous remercions le Président de GRA et tous les élus de nous permettre de nous exprimer avant l'ouverture de votre Conseil communautaire de ce jour.

Depuis début décembre, nous avons en effet pris diverses initiatives pour engager le dialogue sur le projet BCSN à Bonvert, pour recueillir des informations, les diffuser et inviter à en débattre.

Après plusieurs échanges avec M. AVOCAT, Président de GRA dès le mois de décembre, après le débat du 23 février, après la rencontre le 9 avril avec M. LADET, Maire de Mably et Vice-Président de GRA, nous avons souhaité rencontrer chacun des vice-présidents, accompagnés éventuellement d'autres délégués et de membres de CM. C'était l'objet du courrier adressé au début du mois pour lequel nous venons de recevoir votre réponse collective.

Notre présence prévue à l'entrée du siège de votre collectivité ce soir avait pour objet quelques échanges avec les délégués et la remise d'une 2e série de signatures de notre pétition.

La réponse que vous nous avez adressée ne semble pas souhaiter un véritable débat entre vous et nous, puisque ce soir nous nous limiterons sans doute à exposer notre point de vue et à écouter une seule réponse, celle de votre Président. Pour notre part, nous souhaiterions connaître le point de vue et les arguments de chacun, comme nous souhaitons toujours un véritable débat public avec les responsables de BCSN.

 

Voici donc brièvement les points sur lesquels nous souhaitons attirer votre attention.

 

En échange de la perspective de quelques emplois et d'une activité parallèle de recherche et développement que la société BCSN fait miroiter, le projet Bouygues soulève des problèmes de plusieurs natures.

Tout d'abord des problèmes locaux :

-  Est-il sérieux de créer ici (ou ailleurs) une nouvelle zone susceptible d'émettre des effluents radioactifs dans l’air et dans l’eau, et d’être un lieu radioactif pour toujours ?

- Est-il sérieux de transporter sur des centaines de km des matériels ayant été utilisés pour la maintenance ou le démantèlement du cœur des centrales nucléaires, et par conséquent contaminés par des produits radioactifs.

- Est-il sérieux de confier à la filiale d'une entreprise du CAC 40 (récente d'ailleurs puisque BCSN existe depuis décembre 2009 seulement) des tâches si lourdes de conséquences pour l'avenir ? Et ce ne sont pas les très nombreux « incidents », dont la plupart sont ignorés par les médias mais qui existent à tous les stades de la filière, et les malheureusement très lourds accidents provoqués par cette technologie qui peuvent inciter à poursuivre dans cette voie...

- Peut-on prendre au sérieux un PDG qui ose fournir un dossier vide, pourtant longtemps attendu ? Ce même PDG qui regrettait dans la presse le report de notre débat public initialement prévu fin janvier et qui, un mois plus tard, le 23 février, se défilait du débat en informant le Président de GRA de son absence juste avant le début de la soirée.

Mais, au-delà de l’aspect purement local, ce projet pose aussi une autre série de problèmes car il fait partie intégrante de la nouvelle politique nationale concernant les centrales nucléaires.

Autour de nous, des pays ont décidé de sortir du nucléaire ou, en tout cas, de geler tout nouveau projet ; la Grande-Bretagne, par exemple, a fixé d'attendre une centaine d'années, après leur arrêt, pour engager le démantèlement des centrales...Encore mieux, l'Allemagne, autre grande puissance industrielle responsable, vient tout juste de décider aujourd'hui l'arrêt total et définitif de toutes ses centrales d'ici 2022.

En France, c'est la politique inverse : les centrales étaient construites pour fonctionner 30 ans, et il était prévu qu’on attende 50 ans après leur arrêt pour les démanteler. Il s'agit maintenant, malgré tous les risques que cela représente, de tenter de prolonger la durée de vie des centrales actuellement en fonctionnement jusqu’à 40, 50, voire 60 ans, et de démanteler au plus vite les anciennes centrales déjà arrêtées, pour construire de nouvelles tranches à leur place.

Le projet BCSN s'inscrit parfaitement dans cette logique. Comment, vous élus, pouvez-vous refuser de nous donner votre avis sur le nucléaire au niveau national ?

Le film documentaire que nous avons projeté le 5 avril en séance publique à l’Espace Congrès sur le démantèlement de Brennilis, cette petite centrale des Monts d'Arrée dont EDF voulait faire une vitrine de son savoir-faire en matière de démantèlement, a bien montré tous les problèmes rencontrés depuis plus de 20 ans que cette opération est engagée.

L’emploi de robots permettra de diminuer l’exposition des travailleurs dans les zones les plus radioactives des centrales, mais elle ne limitera en rien la contamination des matériaux manipulés ni les risques pour l’environnement, particulièrement pernicieux car invisibles mais actifs sur le vivant pendant de très longues durées. Sans oublier le fait que dans des cas où le niveau de radiation est trop élevé, ces robots peuvent disjoncter du fait de la destruction de leurs circuits électriques, comme cela est déjà arrivé. Alors il reste les hommes pour "résister", si l'on peut dire, aux radiations. En tous cas, cette politique de prolongement de la vie des centrales, puis cette précipitation dans leur démantèlement ouvrent un marché juteux qui excite bien des appétits.

Après le débat public de février avec la CRIIRAD mais hélas sans M. CHAUVEAU, pdg de BCSN, après la soirée ciné-citoyen début avril autour du film Brennilis, ATTAC en Roannais a prévu pour un jeudi en octobre une soirée au cours de laquelle l'association négaWatt présentera son scénario, actualisé, de transition énergétique, reconnu comme réaliste par de plus en plus de personnalités compétentes. Vous serez informés en temps utile du lieu et de la date précise.

Le 6 mai dernier, à Feurs, au cours du débat  « Nucléaire… en sortir ou pas ? » animé par Mme RIAMON, celle-ci informait l'assistance que les énergies renouvelables sont en situation d'assurer l'ensemble de nos besoins énergétiques.

Nous souhaitons, pour notre part, poursuivre ce dialogue, continuer à nous informer et à diffuser l'information. Il est indispensable que chacun puisse se déterminer en connaissance de cause.

Une question pour terminer : où en est le projet BCSN ? Est-il abandonné ?

Nous vous remercions de votre attention.

 

 

Le Collectif 23 février (« Mably sans nucléaire »)

18 rue Cadore 42300 ROANNE

collectif23fevrier@orange.fr

http://mablysansnucleaire.over-blog.fr/

 

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